lundi 31 mars 2008

Le Tableau : Fondement de la Loge

De même que la formule traditionnelle dit "C'est le Tablier qui fait le Maçon", je dirais que "c'est le Tableau qui fait la Loge".
Certaines Loges ont tellement apuré leur rituel qu'il n'y subsiste même plus de Tableau de Loge.
Si j'emploie la méthode maçonnique de l'analogie, je peux comparer cette situation à celle d'un édifice dont on aurait supprimé les fondations... Or, à votre avis , que se passerait-il si l'on arrivait à supprimer les fondations d'un immeuble?...précisément ce qui se passe lorsque l'on enlève le Tableau d'une Loge : le retour au néant. (Ce qui est trés bien illustré par la fermeture d'une Loge aprés les Travaux : on "efface" le Tableau qui ne réapparaitra qu'à l'ouverture des prochains Travaux.)
Mais une fois de plus ,pour comprendre, revenons aux origines:
Les premières Loges de Maçons Acceptés ( c'est à dire comprenant des membres n 'appartenant pas au Métier de constructeur) ont progressivement quitté l'abri contigü au chantier qui servait aux opératifs tant à ranger les outils qu'à tracer les épures et mener les réunions rituelles, pour "Tenir Loge" dans des lieux profanes.
Il s'agissait la plupart du temps d'arrières salles de café ou de restaurant, qui devenaient temporairement des Lieux Sacrés , par la magie du rituel. Or quel était l'élément principal de ce rituel ? Précisément le "Tableau de Loge" qui était à l'époque "tracé" directement sur le plancher à l'aide de la pointe d'un clou, puis "effacé" à la fin de la tenue à l'aide d'une sorte de paille de fer qui redonnait son aspect uni au parquet.
Par la suite le Tableau de Loge a été tracé à la craie ou au charbon sur le sol , puis transféré sur un autre support (planche), puis tracé sur un tissu que l'on roulait à la fin des Travaux, puis sur un panneau que l'on retournait à l'envers.
A notre Rite le Tableau est reconstitué à chaque Tenue en trois dimensions : les divers outils et symboles (fabriqués par les Frères et Soeurs de la Loge) sont disposés rituellement sur le sol au début des Travaux , puis dispersés à la fin, ce qui rappelle qu' à l'instar du Temple de Salomon notre ouvrage ne sera jamais terminé, mais toujours à reconstruire...
Le propre d'un symbole est d'être universel, tant dans l'espace que dans le temps . La notion de"Cercle" ou de "Centre" est un des grands symboles de l'humanité. Nommé de diverses façons selon les civilisations (Totem, Feu de la Saint-Jean, Pierre Noire de la Kaaba, Stoneheenge, Coeur, Trou Noir, Jeu de l'Oie, Obélisque...) il est présent partout et partout il est honoré et consacré par des "circumambulations".
Et c'est pourquoi il est inconcevable pour des Maçons Traditionnels de supprimer le Tableau de Loge : le "Centre" de la Loge est le point sacré qui lui donne vie et c'est en ce point que doivent être déposés les Outils que nous ont légués nos Anciens.
Tiens vous êtes toujours là à me lire, vous ?
Vous êtes même trés nombreux à me lire , si j'en crois le compteur de la consultation de mon profil...
Par contre vous êtes beaucoup moins nombreux à m'écrire , seriez-vous timides ?
Allez, un petit effort : soit vous cliquez en bas à droite sur "commentaires", soit vous cliquez sur le mail du Blog en fin d'introduction.
A trés bientôt sur la toile, nous parlerons la prochaine fois de "La Loge..qui n'est pas le Temple."
BREIZH

mardi 25 mars 2008

La Galerie : Lieu d'accueil des Profanes.

La Galerie est une des spécificités du Rite Opératif de Salomon.
Contrairement aux autres Rites qui envoient des "enquêteurs" auprès des Postulants, le R.O.S. préfère inviter ces derniers en son sein pour échanger avec eux avant leur éventuelle initiation .
Pour ce faire il a instauré un nouveau type de réunion maçonnique : la Galerie.
Le principe en est simple : les principaux dirigeants de la Loge reçoivent leurs invités dans un local profane. La réunion est menée selon un rituel simplifié destiné à leur faire ressentir l'influence bénéfique de la discipline maçonnique, tant au niveau des échanges au sein du groupe qu'à celui de la pensée intime de l'individu.
Ce rituel, ouvrant et fermant les "Travaux", encadre un échange plus spontané où les maçons présentent leur Ordre en général et leur Loge en particulier et où les invités peuvent poser leurs questions librement.
Ce type de réunion est en général fort apprécié des participants, y compris par ceux qui ne donnent pas suite à leur projet . Sans doute parce qu'il est plus convivial et moins "inquisitorial" que l'enquête à domicile, mais certainement aussi parce qu'il démontre une confiance totale des maçons envers les personnes reçues.
Cette confiance est de nature à rendre la maçonnerie plus accessible et moins "suspectable", elle rend notre Ordre plus transparent et elle enlève leur principal motif de dénigrement à nos détracteurs.
Alors, au plaisir de vous connaître ultérieurement en galerie, je vous donne rendez-vous à mon prochain message... BREIZH

mardi 18 mars 2008

Le "Travail" maçonnique.

Alors, sur quoi travaille-t-on en Loge?
La question est mal posée , je devrais dire : "sur QUI travaille-t-on en Loge ?
Réponse : sur soi-même...
Vous avez certainement déjà vu, en feuilletant un livre sur la Franc-Maçonnerie, le petit Apprenti qui tient le maillet et le ciseau des tailleurs de pierre et qui regarde précisément sa pierre avec un air pensif , accroupi, le poing sous le menton ?
Et bien ne cherchez pas plus loin , c'est ça le Travail Maçonnique.
Si vous rentrez un jour en Loge , ce sera pour travailler sur vous-même, et uniquement sur vous même, et vous verrez dès le début qu'il y a du boulot...
Mais alors me direz-vous , on ne travaille pas sur la Société? Je pensais que les maçons cherchaient à "refaire le monde" ?
Mais bien sur qu'ils cherchent à refaire le monde , et c'est bien pour cela qu'il commencent par le travail le plus urgent : se refaire eux-mêmes.
Car , tout de même , un peu d'humilité ( il parait que c'est à cela qu'on reconnait un Sage) : Comment pourrions nous prétendre agir sur le monde si nous ne sommes même pas capables de le faire sur nous-mêmes.
Non , croyez-moi , avant de chercher à exercer une maîtrise sur les autres , il faut d'abord savoir être maître de soi , et pour y arriver , il faut d'abord savoir être le disciple d'un Maître . Et en Franc-Maçonnerie le Maître est un Maître collectif , c'est la Loge .
Et ce Maître va vous apprendre à travailler sur "votre pierre" c'est à dire sur vous-même. Pour cela vous recevrez ce qu'on pourrait appeler prosaïquement une "boite à outils" qui va vous permettre de mener à bien ce "Travail" , sous la direction de la Loge.
Un peu nébuleux tout ça ? Bien sûr puisque vous n'êtes pas encore accroupi devant votre pierre , comme le petit Apprenti .
Mais essayez un peu : prenez un outil ou un instrument au hasard : tenez , le fil à plomb par exemple, et suivez la route qu'il vous indique : allez , descendez en vous-même, et regardez sans à priori : est-ce que tout est clean Docteur? Ah bon , vous êtes totalement "maître" de vos émotions ? Chapeau, il n'y en a pas beaucoup...
Bon , essayez un autre instrument ou un outil ...Non , pourquoi ? ...C'est trop dur ? Ah oui , c'est vrai , tout seul c'est pas facile . On a bien sûr tendance à idéaliser sa petite personne , à ne pas voir ses défauts , à voir ses soi-disant qualités à travers une loupe géante ...
Mais alors justement , c'est peut-être pour cela que ce fameux "Travail " ne peut se faire qu'en Loge , parce que là le "Maître" vous regarde , et les autres pierres du chantier vous regardent également, et tous ces miroirs vous renvoient une image de vous qui n'est peut-être plus aussi idéalisée qu'au départ , quand vous étiez tout seul, avec vos certitudes.
Alors , voyez-vous toujours le petit Apprenti de la même façon? Ais-je réussi à vous transmettre un peu des éclats de ma pierre? Pas facile non plus vous savez , de transmettre un vécu aux autres , mais j'aurais au moins essayé , c'est ça le travail en Loge , essayer , recommencer , encore et encore , car le résultat n'est jamais parfait quand on taille sa pierre .
Alors croyez-moi , pour ce qui est de refaire le monde , franchement , on n'a pas le temps ... on verra ça dans une autre vie... BREIZH

mercredi 12 mars 2008

Qu'est-ce qu'un Rite maçonnique?

Le Rite maçonnique se distingue du Rite religieux en ce sens qu'il ne fait allusion à aucun dogme qu'il faudrait suivre ni à aucune croyance qu'il faudrait assumer. Le seul dogme qui pourrait lui correspondre est celui de la Liberté...qui abolit tous les dogmes... et la seule croyance qu'on pourrait lui attribuer concerne notre éternelle perfectibilité.

Il se distingue par ailleurs du Rite magique car il ne fait appel à aucune force supérieure invisible et parce qu'il ne fournit aucun pouvoir sur les autres à celui qui le pratique. (Il est par contre très efficient lorsqu'il s'agit d'exercer un pouvoir sur soi-même.)

Il se distingue enfin des divers rites sociaux et rites d'habitudes qui rythment la vie de tout un chacun.

Mais alors me direz-vous , qu'est-ce exactement que le Rite maçonnique et à quoi peut-il bien servir?
Pour répondre il apparaît nécessaire, comme souvent, de remonter aux origines : La Maçonnerie spéculative est née dans ce que l'on nomme de nos jours le Royaume Uni et plus exactement en Ecosse , avant d'être plus ou moins structurée et officialisée à Londres en 1717.
Or les Anglais n'emploient pas le mot Rite que les Continentaux ont emprunté aux systèmes religieux, mais celui de "Working" que l'on peut traduire par "façon de travailler".
La différence est de taille et nous permet de mieux cerner la réalité de ce que nous appelons improprement "Rite" : Il ne s'agit pas de suivre aveuglément des prescriptions écrites pour manifester sa croyance en un être suprême ou pour espérer bénéficier de pouvoirs ou d'avantages, il s'agit plus prosaïquement d'adopter une façon particulière de "travailler".
Car contrairement à ce que beaucoup semblent croire , la Maçonnerie ce n'est pas rencontrer des amis et ripailler avec eux , voire conspirer et mener ses propres affaires en secret, non , la Maçonnerie c'est essentiellement une façon de travailler ...
Mais je vois déjà se profiler dans votre esprit la grande interrogation "Bon, d'accord, mais vous travaillez sur quoi au juste?"

Patience...ce sera le sujet de notre prochain rendez-vous, si vous souhaitez continuer à "travailler" avec moi...
BREIZH

mercredi 5 mars 2008

Les deux façons d'entrer en franc-maçonnerie.

La plus courante est de prendre la voie obédientielle, soit en étant parrainé par une relation, soit en écrivant directement au siège parisien d'une obédience nationale. (une obédience est un organisme strictement administratif gérant plusieurs loges) Vous trouverez les adresses des obédiences à la fin de la plupart des ouvrages traitant de la franc-maçonnerie.

La deuxième voie, moins connue, est de contacter une loge indépendante comme la nôtre . Cela peut se faire par relation comme dans le premier cas, ou alors par tout autre moyen. Nous avons pour notre part choisi la voie du blog pour nous faire connaître.

Mais me direz-vous, quels sont les avantages et inconvénients de chaque formule ? Je vais essayer d'être le plus objectif possible pour vous répondre :

Si vous cherchez à agrandir votre cercle relationnel et si vous voyagez beaucoup , il est évident que la formule obédientielle vous conviendra mieux, par contre il faut savoir que les frais de cotisation seront beaucoup plus importants.

A contrario, la loge indépendante ne vous offrira pas de réseau mais un groupe d'amis restreint et très soudé.Vous y pratiquerez plus le travail initiatique sur vous-même que le travail extérieur sur la société.
Votre participation financière sera divisée par trois en moyenne.

Les fondateurs de notre loge sont issus de la maçonnerie obédientielle et certains ont encore la double appartenance . Par contre un tiers de notre effectif a été initié par notre loge ou provient d'autres loges indépendantes.

A très bientôt sur la toile, pour parler cette fois des différents rites maçonniques. BREIZH